Comment choisir un robot tondeuse sans fil périphérique : RTK, LiDAR ou caméra
Quatre relevés à faire dans votre jardin avant de commander : ce que la pelouse voit du ciel, la couverture réseau et son prix à partir de la deuxième année, la surface corrigée de vos jours de tonte, la pente mesurée au niveau. Ensuite seulement, la technologie se choisit toute seule.
Sans fil enterré, un robot tondeuse se repère de trois façons : le RTK au satellite à 2 ou 3 cm près, le LiDAR au laser jusqu’à 70 m de portée, la caméra à la lumière du jour, une image toutes les 0,05 seconde. Un GPS nu, lui, se trompe de 2 à 5 m. La largeur de votre allée.
À la fin de ce guide, vous saurez laquelle des trois tient votre terrain, et vous l’aurez vérifié avant de payer. Quatre relevés à faire dehors, une carte de couverture à ouvrir, un tour d’essai à lancer une fois la machine livrée. Une demi-heure de jardin, dix minutes de téléphone.
Relevez ce que votre pelouse voit du ciel
Sortez au milieu de la pelouse et tournez sur vous-même. Vous cherchez une seule chose : la part du terrain qui a du feuillage, un auvent ou un mur haut au-dessus d’elle. Notez-la grossièrement. Un tiers sous les fruitiers, rien ailleurs, c’est déjà un relevé exploitable.
Ce chiffre décide seul du sort du RTK. La correction satellite veut du ciel, et Segway ne lance la tonte qu’à partir de cinq satellites communs entre le robot et son antenne : l’application Navimow embarque un analyseur de signal qui les compte à votre place. Sous un fruitier en feuilles, le compte s’effondre, la précision centimétrique part avec lui, et la machine ralentit puis contourne.
Le piège se cache dans l’horaire. Les satellites visibles changent au fil de la journée, si bien qu’un coin de pelouse tondu sans histoire à 10 h peut faire décrocher le robot à 16 h. Une panne qui revient chaque jour à la même heure n’est pas une panne de machine.
Si le couvert dépasse le coin d’un massif (une haie haute sur tout un côté, un verger, un mur de deux étages au sud), le RTK seul devient un pari. Le LiDAR et la caméra prennent alors la main, chacun pour ses raisons.
Vérifiez la couverture réseau, et son prix à partir de la deuxième année
Deux robots sur les seize documentés ici réclament encore une antenne à planter : le Segway Navimow i105E et l’Ecovacs GOAT O800 RTK. Les quatorze autres reçoivent leur correction par le réseau mobile, ou se passent purement et simplement du satellite.
Cette correction réseau, le NetRTK, arrive par la carte SIM du robot. Elle supprime le mât. Elle se facture. Navimow inclut un an de données puis demande 29,99 € par an, soit près de 270 € sur dix ans de service. Dreame et Mammotion offrent trois ans sur l’A2, le LUBA 3 AWD 3000 et le YUKA mini 2. Ecovacs et MOVA vendent le module 4G à part. Aucune fiche produit n’additionne cette ligne au prix affiché, et elle pèse plus que l’écart entre deux modèles voisins.
Ouvrez donc la carte de couverture du constructeur à votre adresse avant de commander. Segway l’assume dans sa fiche du X420 : aucune antenne si le réseau couvre l’adresse, antenne GNSS fournie sinon. Vous ressortez de cette étape avec une ligne de budget, pas avec une impression.
Corrigez la surface annoncée, puis mesurez vraiment la pente
La surface conseillée par un constructeur suppose une tonte quotidienne, sur un terrain plat et d’un seul tenant. Trois hypothèses qui sautent ensemble dès le premier talus.
Prenez le Mammotion YUKA mini 2 800 : 800 m² conseillés, 100 m² tondus par heure. Huit heures de travail, que sa batterie de 120 minutes découpe en quatre sorties, chacune suivie de 115 minutes de charge. Le premier passage complet occupe donc deux journées. Et si vous ne le sortez que trois jours par semaine, ces 800 m² n’en couvrent plus qu’un peu plus de 500. Notre calculateur applique ces corrections à votre cas.
La pente, elle, se lit en pourcentage sur les fiches, et le chiffre trompe presque tout le monde. 45 %, ce sont 24°. Les 80 % des Mammotion LUBA valent 39° : un talus où l’on ne tient debout qu’en se penchant. Mesurez la vôtre au lieu de l’estimer. Posez un niveau d’un mètre à l’horizontale sur le point le plus raide, puis mesurez le vide sous son extrémité basse. Trente centimètres, c’est 30 %.
Choisissez la technologie avant de choisir le modèle
Les trois relevés précédents donnent trois filtres, et ils s’appliquent dans cet ordre : le ciel élimine, la pente élimine, la surface classe ce qui reste.
| Votre relevé | RTK, au satellite | LiDAR, au laser | Caméra, à la vision |
|---|---|---|---|
| Le ciel | cinq satellites communs avant de lancer la tonte : un tiers de couvert et la précision centimétrique s’en va | feuillage et obscurité sans effet, mais il lui faut des repères fixes sous 60 à 70 m | le couvert ne le gêne pas, la lumière si : il rentre à la tombée du jour |
| La pente | 30 % sur le i105E, 84 % sur le X420 | 45 % en deux roues motrices, 80 % sur les quatre roues Mammotion | 25 à 40 %, le plafond du lot |
| La surface, en tonte quotidienne | 500 à 2 000 m² | 800 à 3 000 m² | 250 à 1 300 m² |
| Deux modèles pour situer | Navimow i105E, Navimow X420 | Dreame A1 Pro, LUBA mini 2 AWD 1500 | Landroid Vision M600, MOVA ViAX 250 |
Les hybrides brouillent un peu ce tableau, et c’est tant mieux pour l’acheteur. Le Segway Navimow i210 LiDAR PRO double son télémètre d’une correction réseau et d’une caméra de 140°. Le Mammotion LUBA 3 AWD 3000 empile LiDAR, NetRTK et deux caméras. Quand les deux capteurs se contredisent sous un arbre, c’est celui qui voit encore qui gagne.
Les robots qui vont avec, technologie par technologie
Les prix ci-dessous ont été relevés en septembre 2026 ; toutes les surfaces supposent une tonte quotidienne.
Pour un petit terrain dégagé, le RTK à antenne reste le moins cher du lot : le Segway Navimow i105E tient 500 m² conseillés et 30 % de pente à 799 €, l’Ecovacs GOAT O800 RTK monte à 800 m² et 45 % pour 649 €, avec une station de référence à planter à 2 m au moins de tout mur et de tout arbre.
Sur les grandes surfaces ouvertes, le RTK réseau se passe du mât. Le Navimow X420 avale 2 000 m², 84 % de pente et 43 cm de largeur de coupe, à 2 499 €. L’Automower 312V prend un chemin à part : sa correction transite par le Wi-Fi de la maison, pour 1 200 m² et 1 594,99 €.
Sous les arbres, le LiDAR ne discute pas. Le Dreame A1 Pro balaie 360° sur 59° jusqu’à 70 m, couvre 2 000 m² et coûte 799 €. Le LUBA mini 2 AWD 1500 grimpe à 80 % de pente sur quatre roues motrices. Le GOAT A1600 LiDAR PRO coupe sur 33 cm et déporte sa lame vers la bordure.
La caméra seule reste l’option des petits budgets et des jardins compliqués mais lumineux : le Worx Landroid Vision M600 à 720 € pour 600 m², le MOVA ViAX 250 à 579 € pour 250 m².
Les trois pannes qui reviennent, et ce qui les règle
L’antenne RTK plantée trop près de quelque chose. Ecovacs exige 2 m entre le mât et le premier mur ; Segway demande un ciel dégagé côté sud. La hauteur n’y change presque rien : un mât de trois mètres serré contre une haie compte moins de satellites qu’un piquet d’un mètre planté au milieu du gazon. Cherchez le dégagement, pas l’altitude. Un poteau de clôture en limite de terrain fait souvent mieux qu’un pignon de maison.
La caméra qui perd l’herbe. Elle lit la couleur et la frontière entre pelouse et gravier. Une herbe rase, un tapis de feuilles en octobre, une ombre franche à midi, et la frontière disparaît. Elle s’arrête aussi avec le jour : le ViAX 250 n’a pas de lampe et rentre au crépuscule. Programmez la tonte entre 10 h et 17 h, et ne laissez pas le gazon descendre sous la hauteur de coupe minimale du robot.
Le sans-fil qui garde du fil. L’Einhell Freelexo CAM 500 navigue à la caméra, sans antenne, et demande pourtant 12 m de câble de guidage autour de sa station. L’étiquette « sans fil périphérique » n’interdit ni un fil de guidage, ni une bande magnétique : Worx en fournit deux pour interdire une zone. Lisez la ligne d’installation de la notice, pas celle du carton.
Le tour d’essai qui vous dit que c’est bon
La première cartographie est votre point de contrôle. Le robot longe le contour, l’application affiche la surface qu’il a trouvée : comparez-la à votre propre relevé. Un écart de plus de 10 % signale une zone que la machine n’a pas su prendre, presque toujours la même. Un passage étroit, un coin sous les branches.
Lancez ensuite une tonte complète et regardez la carte de couverture dans l’application. Les trous s’y voient à l’œil nu, là où le tableau de bord n’affichera qu’un pourcentage rassurant.
Recommencez trois jours de suite, à des heures différentes. C’est le seul moyen d’attraper le décrochage horaire d’un RTK, qui ne se manifeste jamais au premier passage. Trois relevés propres à trois moments de la journée, et le repérage est le bon.
Mesurez enfin la bande laissée le long d’un mur. Un disque centré sous le carter en abandonne toujours la moitié de sa largeur, et cette bande-là ne se rattrape qu’à la débroussailleuse, ou en achetant un modèle à coupe déportée.
Questions fréquentes
Un robot sans fil périphérique demande-t-il vraiment zéro installation dans le jardin ?
Treize des seize robots documentés ici ne réclament que leur station de charge et une prise. Deux exigent encore une antenne RTK à planter, le Segway Navimow i105E et l'Ecovacs GOAT O800 RTK. Et un troisième cache du câble sous l'étiquette sans fil : l'Einhell Freelexo CAM 500 se repère à la caméra, mais 12 m de fil de guidage se posent autour de sa station.
Un robot sans fil tond-il la nuit ?
Le LiDAR et le RTK, oui : ni l'obscurité ni le feuillage ne les gênent. La caméra, non. Le MOVA ViAX 250 n'embarque aucune lampe et rentre à la tombée du jour, ce qui resserre sa journée de travail à la durée de l'éclairement. Reste le bruit : 70 dB(A) sur le Mammotion LUBA 3 AWD 3000, contre 55 sur le Dreame A2, et un arrêté municipal encadre souvent les horaires.
Faut-il payer un abonnement pour garder la correction satellite ?
Sur les robots à correction réseau, oui, une fois la période offerte terminée. Navimow inclut un an de données puis facture 29,99 € par an, soit près de 270 € sur dix ans. Dreame et Mammotion offrent trois ans sur l'A2, le LUBA 3 AWD 3000 et le YUKA mini 2. Les robots à antenne physique et les robots LiDAR purs ne paient rien : leur correction ne passe par aucun réseau.